INDONESIE:
du 2 au 17 septembre: Zkpltwr, Yogyakarta
Le hasard nous a donc déposés sur l'île de Zkpltwr dont nous ne soupçonnions même pas l'existence. Cette île est étrange... elle semble avoir été préparée pour le tourisme (affiches, nombreuses chambres d'hôtes) mais nous n'y croisons que rarement un visage boulan (blanc!). Nous nous installons dans un "homestay" géré par une famille adorable qui nous sert de bons petits repas traditionnels (riz, poissons frits, manioc, tempeh, sauce chili...) et très bons marché, à la tombée de la nuit, car c'est toujours le ramadan.

noix de cajou
Lorsque nous nous promenons dans les rues du village, tous les habitants nous sourient et nous disent "hello! hello mister!" et les enfants sautillent de joie à notre vue... Quel accueil!Le village est très propre par rapport à ce que nous avons vu jusqu'à présent. Il y a même des poubelles de tri! C'est très vert, il y a en outre du gazon, et des chèvres! Très peu de voitures (mais beaucoup de mobylettes), et pas d'électricité la journée... on nous dit que l'intention est de développer l'éco-tourisme...



L'activité principale de l'île est la pêche, et le port est pour nous un excellent lieu de détente où nous observons les allées et venues des petites embarcations naviguant sur de superbes eaux limpides et turquoises.

Nous faisons de belles promenades autour de l'île... Ah... la couleur de l'eau!!! magique...

Une semaine de remise en forme (après trois jours d'intense stress!) où nous nous levons le matin à six heures pour aller au marché traditionnel qui a lieu chaque jour de 6H à 7H (il n'y a pas de système de réfrigération et les températures sont rapidement très élevées...) Étals sur une nappe à même le sol: légumes, poissons, tofu, vivres divers... Les légumes sont rares ici et sont principalement vendus en un petit lot dans un sac en plastique contenant quelques feuilles de chou, une carotte, une demi-pomme de terre!



Chaque nuit nous sommes réveillés à 3H par une fanfare de percussions qui quadrille le village, réveillant les habitants pour leur dernier repas avant le jour...



Puis nous quittons l'île... Nous aurions aimé rester, mais on ne peut tout de même pas s'éterniser... Nous avons décidé de nous rendre à Yogyakarta pour faire un peu de tourisme culturel! Eh oui... On est un peu refroidis pour l'Australie, de plus l'info nous vient aux oreilles qu'il est possible de travailler en Indonésie en tant que professeur d'anglais (ou de français?) pour un salaire nettement supérieur à celui des cueillettes au pays des kangourous...

Nous prenons trois bus, ce qui n'est pas si simple dans les circuits non-touristiques de l'Indonésie (le gros du tourisme se cantonne à Bali et Yogyakarta) mais nous commençons à baragouiner quelques phrases en bahasa indonesia alors nous trouvons notre chemin...


A Yogyakarta (dénommée Jogja) nous visitons le temple hindou de Prambanan (IX siècle), les fresques duquel nous poussent à lire le Ramayana, classique version indonésienne d'une légende indienne.




Puis nous gravissons le temple bouddhiste de Borobudur (IX siècle), le plus grand monument bouddhiste au monde. Il incarne la cosmologie bouddhiste. Ses bas-reliefs relatent la vie du Bouddha Sakyamuni, les trois étapes de la préparation mentale pour accéder à l'illumination: les niveaux inférieurs représentent le monde des désirs, les niveaux intermédiaires représentent le monde des formes, les niveaux supérieurs le monde sans formes (+ d'infos: wiki). En signe de respect pour le temple, mais surtout afin d'atteindre symboliquement le nirvana, nous le gravissons selon la tradition: en faisant trois fois le tour de chacun des neuf niveaux, autant que le permettent les travaux qui y ont lieu...





C'est une belle expérience, une belle énergie, mais nous déplorons le prix d'entrée: les guichets pour touristes sont à part, "VIP" (mdr!) et affichent en dollars un prix 10 fois supérieur au prix payé par les locaux... Heureusement nous avons nos cartes d'étudiants!

Par ailleurs en Indonésie c'est un combat perpétuel à chaque dépense (repas, transport, achats divers...), si on ne demande pas le prix avant c'est le triple qu'on nous fera payer!!! A la longue c'est épuisant... Notre budget est serré mais nous sommes blancs alors nous sommes des dollars ambulants... On ne peut pas s'attendre à autre chose dans un pays ou l'état est loin de montrer l'exemple: corruption notoire, tarifs demandés aux touristes...

marché aux oiseaux (humpf...)
Néanmoins les indonésiens se montrent souriants dans toutes les situations, et serviables, toujours prêts à vous aiguiller... Gentillesse et calme... voire nonchalance.
La ville est agréable, le quartier touriste se situe dans des petites ruelles calmes et sympathiques, sans voitures... Ce n'est pas le cas de la grande rue Malioboro, où circulent bus, voitures, scooters, charrettes à cheval, pousse-pousse, piétons... Y sont vendus des milliards de produits pour touristes (batiks, T-shirts, objets divers...), chaque stand exhibe des milliers d'articles, et tous ont les mêmes, à se demander comment les vendeurs arrivent à en vivre!

triple humpf...
Je me rends à mon premier entretien pour enseigner l'anglais dans une école de langue. Il y a effectivement une grande demande de professeurs, seulement le salaire se révèle être en réalité entre 300 et 400 Euros par mois, ce qui est bien pour qui voudrait s'installer ici mais nettement insuffisant pour économiser de quoi voyager quelques mois de plus... D'autant que pour Yohan, il n'y a ici pas de possibilité de travailler... alors tant pis... nous commençons à re-envisager d'aller en Australie.

Nous gravissons ensuite le volcan Bxkrpw, une bonne randonnée de quatre heures, bien raide, pour atteindre un plat à 2700m d'altitude où nous plantons la tente à l'abri d'un gros rocher. Il y a un vent puissant et glacial (on est plus habitués...), qui pousse les nuages tout autour de nous, et nous sommes seuls dans une ambiance de bout du monde, un paysage de roches et de poussières volcaniques, grises, parsemé de quelques buissons solitaires, sans visibilité aucune...



Une île volcanique dans les nuages!!! Après une nuit agitée (éclairs qui me feront appréhender un éventuel orage en haute montagne, ne sachant pas trop comment y réagir, froid, sol très dur, vent qui agite la toile de la tente, bruits de bestioles!) nous nous levons à 4H du matin en compote, pour admirer un lever de soleil magique sur une mer de nuages, puis grimper encore une heure jusqu'au cratère , que nous découvrons fumant (on est jamais au courant, nous!!!), puis au sommet (2900m), d'où nous pouvons nous émerveiller devant un spectacle de haute qualité: le volcan d'en face, culminant à 3100m, et les quelques volcans des environs, surgissant d'un océan de nuages à perte de vue... Nous sommes époustouflés, en plein dans la puissance de mère nature, seuls!







